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Le cerveau révèle des différences clés entre Alzheimer et une autre forme de déclin cognitif
Une récente analyse met en lumière des différences structurelles dans le cerveau entre la maladie d’Alzheimer et une autre forme de déclin cognitif appelée pathologie non-Alzheimer suspectée. Cette dernière se caractérise par une accumulation anormale de la protéine tau en l’absence de dépôts de bêta-amyloïde, une protéine souvent associée à Alzheimer. Les chercheurs ont examiné plus de mille deux cents participants pour comprendre comment ces deux conditions affectent le volume de l’hippocampe, une région cérébrale essentielle pour la mémoire et l’apprentissage.
Les résultats montrent que les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer présentent un volume total de l’hippocampe significativement réduit par rapport aux autres groupes. Plus précisément, l’atrophie touche davantage la partie postérieure de cette structure, tandis que la partie antérieure semble relativement préservée. Cette disparité crée un déséquilibre entre les volumes antérieur et postérieur, un phénomène moins marqué chez les individus avec une pathologie non-Alzheimer ou sans marqueur de déclin.
Chez les personnes sans marqueur de maladie, ainsi que chez celles avec une pathologie non-Alzheimer, le volume de l’hippocampe diminue progressivement avec l’âge. En revanche, chez les patients Alzheimer, cette réduction semble moins influencée par le vieillissement naturel, suggérant que la maladie accélère l’atrophie indépendamment de l’âge. Les chercheurs ont également observé que les volumes des différentes parties de l’hippocampe sont liés aux performances cognitives, aux symptômes neuropsychiatriques et aux niveaux de dépendance dans les activités quotidiennes.
Les marqueurs biologiques dans le liquide céphalo-rachidien, comme les protéines tau et bêta-amyloïde, jouent un rôle clé dans ces observations. Chez les patients Alzheimer, les volumes réduits de l’hippocampe corrélaient avec des niveaux anormaux de ces protéines, confirmant leur implication dans la dégradation cognitive. En revanche, chez les individus avec une pathologie non-Alzheimer, seules les concentrations de tau semblaient associées à une atrophie localisée, notamment dans les parties postérieure et intermédiaire de l’hippocampe.
Une découverte notable est que le rapport entre les volumes antérieur et postérieur de l’hippocampe pourrait aider à distinguer les deux conditions, en particulier chez les personnes de moins de soixante ans. Ce rapport montre une capacité modérée à différencier les patients Alzheimer des autres, bien que cette distinction devienne moins nette avec l’âge.
Enfin, l’étude souligne que l’atrophie de l’hippocampe, en particulier dans sa partie postérieure, est non seulement un indicateur de la gravité actuelle de la maladie, mais pourrait aussi prédire l’évolution future des symptômes. Ces résultats renforcent l’idée que l’hippocampe ne se dégrade pas de manière uniforme et que ses différentes parties jouent des rôles distincts dans les troubles cognitifs.
Sources utilisées
Source du rapport
DOI : https://doi.org/10.1007/s00234-026-04061-1
Titre : Differential atrophy along the longitudinal axis of the hippocampus in Alzheimer’s disease and suspected non-Alzheimer’s disease pathophysiology (SNAP)
Revue : Neuroradiology
Éditeur : Springer Science and Business Media LLC
Auteurs : Torcato Meira; Rafaela Morais-Ribeiro; Tiago Jesus; Marcelo Dias; Ana Coelho; Tiago Gil Oliveira