{"id":30,"date":"2026-03-18T22:57:25","date_gmt":"2026-03-18T21:57:25","guid":{"rendered":"https:\/\/themedicaltribune.com\/fr\/2026\/03\/18\/la-therapie-par-cellules-car-t-peut-elle-revolutionner-le-traitement-des-maladies-neurologiques-auto-immunes\/"},"modified":"2026-03-18T22:57:34","modified_gmt":"2026-03-18T21:57:34","slug":"la-therapie-par-cellules-car-t-peut-elle-revolutionner-le-traitement-des-maladies-neurologiques-auto-immunes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/themedicaltribune.com\/fr\/2026\/03\/18\/la-therapie-par-cellules-car-t-peut-elle-revolutionner-le-traitement-des-maladies-neurologiques-auto-immunes\/","title":{"rendered":"La th\u00e9rapie par cellules CAR T peut-elle r\u00e9volutionner le traitement des maladies neurologiques auto-immunes"},"content":{"rendered":"<h1>La th\u00e9rapie par cellules CAR T peut-elle r\u00e9volutionner le traitement des maladies neurologiques auto-immunes<\/h1>\n<p>Les maladies neurologiques auto-immunes, comme la myasth\u00e9nie, la scl\u00e9rose en plaques ou certaines enc\u00e9phalites, sont souvent difficiles \u00e0 traiter avec les approches actuelles. Ces affections surviennent lorsque le syst\u00e8me immunitaire attaque par erreur des composants du syst\u00e8me nerveux, provoquant des l\u00e9sions et des sympt\u00f4mes parfois s\u00e9v\u00e8res. Les traitements existants, comme les cortico\u00efdes ou les anticorps monoclonaux, permettent de r\u00e9duire les pouss\u00e9es, mais ne parviennent pas toujours \u00e0 \u00e9liminer compl\u00e8tement les cellules immunitaires responsables. Une nouvelle piste th\u00e9rapeutique \u00e9merge cependant : la th\u00e9rapie par cellules CAR T, d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9e avec succ\u00e8s contre certains cancers du sang.<\/p>\n<p>Cette approche consiste \u00e0 modifier g\u00e9n\u00e9tiquement les lymphocytes T du patient pour qu\u2019ils ciblent et d\u00e9truisent sp\u00e9cifiquement les lymphocytes B anormaux qui produisent des auto-anticorps nuisibles. Contrairement aux traitements classiques, les cellules CAR T peuvent p\u00e9n\u00e9trer profond\u00e9ment dans les tissus, y compris le syst\u00e8me nerveux central, et \u00e9liminer durablement les cellules \u00e0 l\u2019origine de la maladie. Des essais cliniques r\u00e9cents ont montr\u00e9 des r\u00e9sultats prometteurs chez des patients atteints de myasth\u00e9nie grave, de neuromy\u00e9lite optique ou d\u2019enc\u00e9phalite anti-r\u00e9cepteur NMDA, avec une r\u00e9duction significative des sympt\u00f4mes et des effets secondaires g\u00e9n\u00e9ralement mod\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>Le principe repose sur la capacit\u00e9 des cellules CAR T \u00e0 reconna\u00eetre des marqueurs pr\u00e9cis \u00e0 la surface des lymphocytes B pathog\u00e8nes, comme CD19 ou BCMA. Une fois r\u00e9inject\u00e9es, ces cellules modifi\u00e9es d\u00e9clenchent une r\u00e9ponse immunitaire cibl\u00e9e, supprimant les lymphocytes B anormaux tout en pr\u00e9servant une partie de l\u2019immunit\u00e9 normale. Cette pr\u00e9cision limite les risques d\u2019infection ou d\u2019immunosuppression excessive, souvent observ\u00e9s avec d\u2019autres traitements immunosuppresseurs.<\/p>\n<p>Chez les patients atteints de myasth\u00e9nie grave r\u00e9fractaire, par exemple, une seule perfusion de cellules CAR T anti-CD19 a permis une am\u00e9lioration durable de la force musculaire et une diminution des auto-anticorps, sans provoquer de toxicit\u00e9 majeure. Dans la neuromy\u00e9lite optique, une maladie o\u00f9 les anticorps attaquent la moelle \u00e9pini\u00e8re et les nerfs optiques, les cellules CAR T anti-BCMA ont induit une r\u00e9mission prolong\u00e9e chez la majorit\u00e9 des patients trait\u00e9s, avec une tol\u00e9rance globale satisfaisante.<\/p>\n<p>Un autre avantage est la possibilit\u00e9 d\u2019adapter cette th\u00e9rapie selon la cible des auto-anticorps. Pour les maladies o\u00f9 l\u2019antig\u00e8ne est situ\u00e9 \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des cellules, comme dans la myasth\u00e9nie ou l\u2019enc\u00e9phalite anti-NMDA, les cellules CAR T classiques suffisent. Pour celles impliquant des antig\u00e8nes intracellulaires, comme le syndrome de la personne raide, des variantes appel\u00e9es CAAR T sont en d\u00e9veloppement. Ces cellules ciblent directement les lymphocytes B produisant des auto-anticorps sp\u00e9cifiques, offrant une approche encore plus pr\u00e9cise.<\/p>\n<p>Les m\u00e9canismes sous-jacents expliquent aussi pourquoi les effets ind\u00e9sirables, comme le syndrome de lib\u00e9ration de cytokines, sont moins fr\u00e9quents et moins s\u00e9v\u00e8res que dans le cancer. En effet, le nombre de lymphocytes B pathog\u00e8nes est bien inf\u00e9rieur \u00e0 celui des cellules tumorales, ce qui r\u00e9duit l\u2019ampleur de la r\u00e9action inflammatoire. Les donn\u00e9es disponibles sugg\u00e8rent \u00e9galement que les lymphocytes B sains, situ\u00e9s dans la moelle osseuse, ne sont pas totalement \u00e9limin\u00e9s, permettant le maintien d\u2019une immunit\u00e9 protectrice.<\/p>\n<p>Bien que ces r\u00e9sultats soient encourageants, des questions subsistent. La dur\u00e9e de la r\u00e9mission, la possibilit\u00e9 de rechutes et les effets \u00e0 long terme n\u00e9cessitent des \u00e9tudes compl\u00e9mentaires. De plus, cette th\u00e9rapie reste complexe et co\u00fbteuse, r\u00e9serv\u00e9e pour l\u2019instant aux formes graves et r\u00e9sistantes. Plusieurs essais cliniques sont en cours pour \u00e9valuer son efficacit\u00e9 dans d\u2019autres maladies neurologiques auto-immunes, comme la scl\u00e9rose en plaques ou des enc\u00e9phalites rares.<\/p>\n<p>Cette avanc\u00e9e ouvre la voie \u00e0 une m\u00e9decine plus personnalis\u00e9e, o\u00f9 le syst\u00e8me immunitaire pourrait \u00eatre \u00ab r\u00e9initialis\u00e9 \u00bb pour stopper d\u00e9finitivement la progression de la maladie. Si les r\u00e9sultats se confirment, la th\u00e9rapie par cellules CAR T pourrait devenir une option majeure pour les patients ne r\u00e9pondant pas aux traitements conventionnels, transformant ainsi la prise en charge de ces affections d\u00e9bilitantes.<\/p>\n<hr>\n<h2>Sources utilis\u00e9es<\/h2>\n<h3>Source du rapport<\/h3>\n<p><strong>DOI\u00a0:<\/strong> <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1186\/s12974-025-03662-6\" target=\"_blank\">https:\/\/doi.org\/10.1186\/s12974-025-03662-6<\/a><\/p>\n<p><strong>Titre\u00a0:<\/strong> CAR T cell therapy in autoantibody-mediated neurological disorders: a promising strategy<\/p>\n<p><strong>Revue : <\/strong> Journal of Neuroinflammation<\/p>\n<p><strong>\u00c9diteur : <\/strong> Springer Science and Business Media LLC<\/p>\n<p><strong>Auteurs : <\/strong> Muzi Wen; Ruoyi Zheng; Hanqing Zhang; Sophia Y. Goldberg; Zhiying Jian; Ye Gao; Ruogu Cheng; Linxin Wen; Yu Zhao; Saad S. Kenderian; Pei Shang<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La th\u00e9rapie par cellules CAR T peut-elle r\u00e9volutionner le traitement des maladies neurologiques auto-immunes Les maladies neurologiques auto-immunes, comme la myasth\u00e9nie, la scl\u00e9rose en plaques ou certaines enc\u00e9phalites, sont souvent difficiles \u00e0 traiter avec les approches actuelles. 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